Le Jeûne de Chavannes-le-Veyron

Les récits que vous pouvez découvrir sur le site ont été tiré d’un recueil créer par M.Bettens. Ils sont volontairement  repris en écrit de l’époque.

Chaque  année , le 21 juin, le Jeûne communal de Chavannes­-le-Veyron se célèbre avec le cérémonial habituel, soit un culte le matin et un l’après-midi, ce dernier étant  confié à un pasteur venant du dehors. Cultes de repentance, d’adoration, de reconnais­sance, de souvenir aussi.Et c’est ainsi depuis la première moitié du XVIIe siècle très probablement. A notre connaissance, aucun document n’a été trouvé  jusqu’ ici nous donnant une indication exacte de l’ origine de ce jour de jeûne. Ce qu’on sait, c’est qu’une chapelle commu­nale a été bâtie dans les années 1636-1637. Au sujet de cet édi­fice dont la construction est certainement liée à l’institution du jeûne, voici ce qu’on lit dans le premier volume du Registre des délibérations de l’honorable commune de Chavannes-sur-le­-Veyron (1635-1705):

Du 26 décembre 1636. J‘estant en la présente année 1636, les communiers de ce lieu, mis en demeure de bastir une petite chapelle pour leur usage et des leurs à l’avenir, et n’ayantz trouvé en ce lieu aucune place propre et commode pour la construction dudit basti­ment, fors une pièce (de terre sise) auprès de la maison que Fust es Gaudin, appartenant pour une part à l’honorable Jean Humbert, pour una autre parcelle à Abram fils de Pierre David et pour le reste au Chastelain DavidLes susnommés ayants estez requis par les dictz com­muniers les vouloir accomoder du toutaye de la dicte pièce, soulz offre de les revoir et recompencer de quelque chose, cieult donc quesesen de bonne volonté envers les dictz communiers, et veu que c’est pour un si bon et si dainct affaire, ou de don gratuit, fait présent ausdictz communiers, de la susdicte place en tant néanmoins que la noyère concistence sur la place appartenance au dict Chastelain luy soit réservée.

 

 La construction du bâtiment se fit, sinon par les habi­tants du village eux-mêmes, du moins avec leur collaboration ef­fective. Le Conseil ordonna une “giète”, soit un impôt special de deux florins par habitant pour couvrir les frais assez élevés pour l’époque. Mais il existait déjà des désobéissants car il est question de plusieurs communes qui ne “se sont pas trouvées audict bastiment n’avaient fait aucun common comme les autres et qui furent taxés à dixflorins par mesnages. oultre la dicte jessée  de deux  florins par personne”. Après  deux siècles d’existence, la chapelle, construite en 1637, menaçait ruine. Dans sa séance du 19 février 1842, le Conseil général prend connaissance d’un préavis municipal auquel il résulte que la dite chapelle se trouve dans un état de délabre­ment où il y a danger d’entrer dedans pour prier Dieu. En 1844 un nouveau temple est  construit sur les plans de l’architecte Wenger, de Lausanne. Edifice qui sera restauré à fond en 1924 sous la direction de MM. Brügger et Trivelli, de Lausanne.

Après  deux siècles d’existence, la chapelle, construite en 1637, menaçait ruine. Dans sa séance du 19 février 1842, le Conseil général prend connaissance d’un préavis municipal auquel il résulte que la dite chapelle se trouve dans un état de délabre­ment où il y a danger d’entrer dedans pour prier Dieu. En 1844 un nouveau temple est  construit sur les plans de l’architecte Wenger, de Lausanne. Edifice qui sera restauré à fond en 1924 sous la direction de MM. Brügger et Trivelli, de Lausanne.

C’est dans ces deux chapelles que, des cultes ont été célébrés à l’occasion du jeûne. Et l’on peut déclarer que pendant plus de deux siécles, les deux cultes du dit jeûne étaient les seuls qui réunissaient dans l’espace d’une année, les fidèles du village. Il est hors de doute que la petite chapelle, contruite comme nous l’avons vu en 1636-1637, a vu le jour peu après l’ins­titution du jeûne, car on ne conçoit guère la célébration d’un service religieux dans un local non consacré – grange, maison particulière, etc. Il est possible que la tradition locale dit vrai, qui veut que le jeûne ait pris naissance à la suite des dégâts causés par un orage épouvantable détruisant les récoltes. Nous doutons fort que ce soit le fait d’avoir été épargnés; les épreuves ne font-elles pas beaucoup plus réflechir que les bien­faits?

Comme causes qui pourraient avoir eu une influence sur les origines du jeûne, il y aurait aussi les événements dus à la guerre de trente ans (l6l8-l648) qui ruina l’Europe Occiden­tale, et les terribles épidemies de peste qui décimèrent les populations de notre pays à la même époque (l628-l63l et 1636- 1640).

Le plus ancien compte de commune où il est fait mention du jeûne est celui de 1657 où

l’on a livré à Gabriel Genet gou­verneur, 6 sols pour être allé prier le Saint Ministre pour faire le presche a nôtre jeusne”.

Dans les comptes de l678 on trouve :

Livré pour un père de polaton donne à M.Genet, alors qui on la sus trouvé pour nous veny faire un prêche le jour de nôtre jeusne, assavoir 9 sols. Pour la journée de ce que dessus 6 sols”.

Les honoraires aux officiants, parfois des pasteurs des paroisses voisines, varient. En 1717, c’est un pain de sucre ayant coûté 5 florins, 5 sols et 3 deniers. Les comptes de com­mune de 1718 signalent une.

« dépense de 7 florins 3 sols pour le présent offert au ministre pour le jour du jeûne qui se célébre ici le 21 du dit mois (juin) style nouveau; plus un autre débours de 6 sols pour le porter à Cuarnens à M.le Ministre qui y est depuis peu« .

On raconte certaine légendes au sujet de ce jeûne!  Laissons-les courir. Le présent article contient ce que l’on connaît de précis sur cette institution et ce qui semble le plus près possible de la vérite. Esperons que par croyance et par respect des traditions ancestrales, les autorités et la population du village, présentes et à venir auront assez de sagesse pour maintenir et respecter cette manifestation religieuse trois fois séculaire et probablement unique en son genre dans notre pays.